Le Bruit et la Fureur

Je referme « Le bruit et la fureur » éreintée et pantelante, hébétée. Si un livre peut être qualifié de complexe, c'est bien celui-ci ! Je ne crois pas de ma vie avoir autant lutté pour comprendre un texte ! Nombre de fois j'ai failli abandonner, mais ma précédente expérience Faulkner me soufflait que ça valait la peine de s'accrocher. Et bien m'en a pris, ce roman est une véritable tornade de sentiments, un ouragan de douleurs et de violences. Du bruit et beaucoup de fureur !

Difficile de résumer un livre qui s'approche plus d'une sensation que d'un récit. J'ai l'impression d'avoir épié l'histoire par le trou d'une serrure. Au travers d'un ballet de silhouettes floues qui se mêlent et se confondent, la trame se révèle petit à petit, sombre, dramatique. Blancs déchus et serviteurs noirs, trois générations gravitent autour de Caddy, personnage central tout à la fois omniprésente et fantomati...

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Remède de cheval

Pour résumer ce deuxième opus de la série, je dirais que l'héroïne est fidèle à elle-même mais que le reste s'essouffle.

Dans ce volume, elle fait équipe avec son séduisant voisin, un chouïa plus sensé qu'elle mais tout aussi agaçant. Les autres personnages sont mal exploités et ne présentent par conséquent que peu d'intérêt (dommage pour Bill qui mériterait meilleur traitement). Quant à l'enquête, je l'ai trouvée plus poussive et un peu trop deus ex machina sur la fin.

En fait, ce qui est plaisant dans Agatha Raisin c'est de la découvrir, mais côté polar on s'ennuie un peu. Je lirais peut-être la suite un jour où j'aurais besoin de me vider la tête, mais sans plus.

La quiche fatale

Agatha Raisin est un personnage atypique : ronchon, entêtée, arrogante, tricheuse, égoïste... Dire qu'elle ne manque pas de défauts serait un euphémisme ! Mais paradoxalement son vocabulaire fleuri, ses manigances et son incroyable capacité à se faire des ennemis la rendent plutôt attachante !

Lorsqu'elle décide de plaquer Londres et son agence de relations publiques pour un petit village des Costwolds, tout ne va pas se passer comme prévu. Dans une ambiance un peu désuète à la Miss Marple, notre irrévérencieuse quinquagénaire va avoir du mal à trouver sa place. Il faut dire que se retrouver mêlée à une histoire de meurtre par quiche empoisonnée n'est pas la meilleure des entrées en matière pour initier des relations de bon voisinage !

Une lecture sympathique qui, sans arriver à la cheville du suspens d'un Martha Grimes ou du génie d'un Agatha Christie, vous fait tout de même...

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La mort nomade

J'avais adoré Yeruldelgger, puis été un peu déçue par Les temps sauvages, mais alors là vraiment Monsieur Manook, il va falloir arrêter. C'est tellement dommage d'avoir réussi un si bon premier tome pour le gâcher ensuite dans une série de bas étage !

Je me suis vraiment forcée pour finir ce 3ème opus, et encore j'ai sauté quelques paragraphes. Pour tout dire, j'ai nettement préféré lire dans le même temps le tome 3 de La guerre des clans – la saga qui passionne mon fils de 8 ans – que ce navet insipide regroupant à lui seul tous les clichés du genre. Personnages tellement caricaturaux que ça en devient comique, méchants véreux pleins aux as, coïncidences à la pelle, et surtout du sexe, du sexe et encore du sexe. Jusqu'à l̵...

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Sorj Chalandon

Je pourrais lire du Sorj Chalandon tous les jours de ma vie. A l'heure actuelle, j'ai lu tous ses livres, mais j'attends avec impatience le 18 août prochain pour pouvoir dévorer « Le jour d'avant » qui j'en suis sûre sera à la hauteur de ses sept prédécesseurs.

Sorj Chalandon, c'est mon auteur préféré de l'univers. J'aime beaucoup d'écrivains d'hier et d'aujourd'hui, mais lui, il est à des milliers de kilomètres au-dessus des autres. Toujours caché derrière ses personnages, il est un peu d'Antoine, un peu de Georges et de Samuel. Il est Bonzi, il est Lupuline. Il est Emile. Et il est Sorj. Parlant de lui sans en avoir l'air, lucide mais jamais amer, toujours avec tendresse il évoque à merveille des sentiments forts et universels. J'aime sa nostalgie teintée d'optimisme.

Sorj Chalandon a vécu la guerre, et pourtant il a gardé une âme d'enfant. Une réelle âme d'enfant, de celles qui font voir de la magie dans un...

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Liberia

Liberia, c'est une histoire vraie et méconnue, celle de l'African Return. Une Histoire avec un grand H, scandaleusement absente des livres d'Histoire. Honnêtement, je n'avais jamais entendu parler de ces colons noirs venus, ou revenus, s'installer sur la côte Africaine au milieu du XIXe siècle. Et pourtant, quel incroyable chemin ils ont parcouru !

Liberia, c'est une fiction qui n'en est pas une, où les personnages historiques se confondent avec leurs versions romancées. Comme le Julius Washington du roman qui ressemble étrangement à l'Augustus du même nom, premier daguerréotypiste du Liberia, et bien réel lui. Ou encore comme la famille Hartwell Cocke qui – hormis le prénom du patriarche John devenu George – est tout aussi réelle que les présidents Jefferson et Madison, pour ne citer qu'eux.

Liberia, c'est un roman captivant, extrêmement bien documenté, qui vous fait traverser l'océan à bord de majestueux v...

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Quand j'avais cinq ans je m'ai tué

Quand j'ai lu pour la première fois l'histoire de Gil, j'étais à peine plus âgée que lui ; aujourd'hui c'est mon fils qui a son âge. Et la transposition n'en est que plus forte, l'émotion plus violente.

Gil est un gamin hors normes, dont l'imagination trop riche et la soif de vivre perturbent, pour ne pas dire effraient son entourage. Ses parents, engoncés dans leurs principes étouffants, désemparés devant ce fils qu'ils ne comprennent pas, ne savent pas l'aimer, malgré une évidente bonne volonté de la manman. Alors quand il rencontre Jessica, une petite fille aussi lunaire que lui, c'est le coup de foudre, même s'il ne sait pas encore mettre de mots sur cet émoi. Mais pour les adultes bien-pensants, les enfants ne sont que de petits êtres incomplets, incapable de sentiments. Et c'est le drame.

Interloqué de se retrouver isolé dans la "Résidence Home d'Enfants les Pâquerettes" à cause de Lire la suite...

La route

La route fut longue et éprouvante, tant pour les protagonistes de Cormac McCarty que pour moi simple lectrice.

Un style décousu – cette avalanche de "et" est proprement indigeste, des dialogues brefs et sans chaleur, des personnages déshumanisés auquel il est difficile de s'attacher et une mise en page inexistante. D'accord, tout cela cadre avec l'ambiance post-apocalyptique que l'auteur cherche à dépeindre... mais cela rend également la lecture très désagréable. Entre ennui et désintérêt, rarement un livre dont le propos est pourtant ouvertement poignant m'aura provoqué si peu d'émotion.

Alors SF ou pas SF je ne sais pas, mais une chose est sûre, ce roman, quoiqu’original, n'était pas pour moi.

En vieillissant les hommes pleurent

Peut-être qu'en vieillissant les hommes pleurent, mais moi je n'ai pas attendu pour que ce magnifique roman me tire une larme. J'en sors soufflée et émue. Séduite, mais le c½ur serré.

Albert est un ancien. Il n'a que 50 ans mais il appartient au passé, il aime le passé, il ne se reconnait pas dans cette modernité qui envahit petit à petit sa vie. Sans amertume, il va au cours de cette unique journée, revenir sur les renoncements qui ont marqué son existence, et surtout sonder les replis de son c½ur. Sous des dehors de colosse, c'est en fait un homme fragilisé luttant maladroitement contre une vague qui le noie peu à peu. Un témoignage touchant. Puis au spleen succède la force de l'hommage : un dernier chapitre en aparté, sorte de post-scriptum qui m'aura marquée plus profondément encore. La ligne Maginot, le grand mensonge du siècle. Bouc-émissaire d'une défaite dont elle n'est pas responsable, elle cristallise encore aujourd'hui la honte des soldats défaits par cette d...

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Assez de bleu dans le ciel

J'ai retrouvé Maggie O'Farrell ! Après un léger passage à vide avec « En cas de forte chaleur », elle signe ici une épopée magistrale, de la trempe de ses plus grands romans. Comme à son habitude, c'est en mêlant les époques et les points de vue qu'elle bâtit, pierre par pierre, telle une architecte des mots, une fresque immense. Une construction impressionnante, centrée sur deux personnages principaux, Daniel et Claudette, mais riche de tous ceux qui les entourent, et où, à l'instar du battement d'aile d'un papillon, chaque détail à son importance.

La narration est étourdissante de justesse, s'adaptant chapitre après chapitre à l'humeur, à l'époque, au c½ur de ses personnages. Tous portent sur eux-même un regard étrangement distancié. Tous nous livrent leur failles et leurs émois, en toute humilité, en toute humanité. Ce livre n'a pas un sujet, mais mille. Deuil, divorce, alcoolisme, infertilité ...

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