L'étrange disparition d'Esme Lennox

L'étrange disparition d'Esme Lennox est un véritable petit bijou, comme je n'en avais pas lu depuis longtemps. Une plongée au c½ur de la terrifiante condition féminine au début du XXe siècle, de l'esclavage des convenances, des tabous et des interdits. Entre hier et aujourd'hui, entre l'Inde et l'Ecosse, et les souvenirs décousus des deux s½urs, on (re)découvre aux côtés d'Esme son histoire tragique. Je n'en dirais pas plus sur l'intrigue, je préfère vous laisser découvrir ce magnifique roman "à tâtons", c'est tout ce qui fait son charme. Et surtout, si comme moi vous peinez à passer les premières pages, accrochez-vous ! Vous verrez, quand la magie opérera vous serez totalement happés par l'univers brumeux, moite et oppressant de cette pépite bouleversante.

Pour finir, je voudrais remercier Maggie O'Farrel (même si je doute qu'elle vienne lire cette critique !) de m'avoir rappelé la chance que j'ai d'être née dans les années 80.

La part de l'autre

On m'en avait dit tant de bien que c'est confiante que je me suis engagée dans ce bouquin. Quelle erreur !

Si j'ai été séduite par l'idée de l'uchronie, j'ai été très déçue par la façon extrêmement simpliste de la traiter. Quant au coup de l'hypnotiseur, il m'a carrément blessée par sa façon de dédouaner Hitler de ses actes : "C'est pas sa faute en fait, c'est le docteur qui lui a implanté une idée bancale dans le cerveau !"

Au final, j'ai eu plus souvent l'impression de lire un documentaire sur la sexualité qu'une réflexion intéressante sur ce qu'aurait pu être notre siècle.

La voleuse de livres

Attention : coup de c½ur !

Et pourtant, c'est avec beaucoup de méfiance que j'ai abordé la voleuse de livres. J'avais peur d'être, comme trop souvent, déçue par un livre aux critiques dithyrambiques. Et puis bon, cette jolie couverture me faisait de l'½il depuis longtemps sur l'étalage de ma librairie, alors un jour j'ai craqué et... dès les premières pages ce fut le coup de foudre !

Comment décrire un livre aussi peu ordinaire ? Une mise en page hors du commun, qui peut sembler déroutante mais qui apporte un vent de fraîcheur à un sujet si lourd. Un style original avec des apartés tout en finesse, un chapitrage original et même quelques passages "manuscrits". Une histoire d'histoires, sur fond d'Histoire, poétique et touchante, tragique et pleine d'espoir... Et surtout, une narratrice pour le moins inattendue ! Avec une telle conteuse, je m'attendais à un li...

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La stratégie Ender

Encore une fois je suis déçue par de la Science Fiction, décidément je crois que ce genre n'est pas fait pour moi.

Comment, en partant d'une idée si intéressante, l'auteur a-t-il réussi à rédiger un texte aussi insipide ???

Plutôt que de gâcher de l'encre à décrire des stratégies militaires soit disant incroyables (ah, bon, si vous le dites) pendant des pages et des pages, il aurait mieux fait d'approfondir les questions philosophiques et psychologiques soulevées par son sujet. Est-il légitime de faire reposer l'avenir de l'humanité sur les épaules d'un enfant ? Manipuler un être humain pour le faire atteindre un objectif qu'il ignore est-il un comportement digne de l'humanité que l'on souhaite sauver ? Peut-on détruire des vies pour en sauver d'autres ? De quelles façons le fait de tuer affecte-t-il l'esprit humain ? (vous avez 4 heures)

J'ai trouvé la psychologie des personnages "secondaires" ...

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Gatsby le magnifique

Je crois que je suis magnifiquement passée à côté du Grand Gatsby !

Pourtant l'histoire est bien construite et le style agréable, le contexte historique attrayant et la chute bien ficelée, quoi que prévisible. Cette plongée au c½ur des années folles avait sur le papier tout pour me plaire et malgré tout, je m'y suis profondément ennuyée. C'est une sensation étrange que de n'avoir pas été touchée par un roman alors qu'on s'attendait à être transpercée. Et d'autant plus quand on ne sait pas précisément pourquoi.

Je ne regrette tout de même pas ma lecture, un classique est un classique, et j'aime lire des classiques.

Au guet !

Avant de commencer, je dois vous confesser 2 choses :
    1.  Je n'aime pas la Science-Fiction
    2.  J'adore Terry Pratchett !

Je sais, c'est contradictoire. Mais que voulez-vous, il paraît que la contradiction fait partie du patrimoine génétique féminin (au même titre que la capacité à réaliser plusieurs taches simultanément ou celle de ne pas tourner de l'½il devant la couche pleine d'un nourrisson... encore que pour cette dernière assertion je ne sois pas certaine !)

Donc pour en revenir à nos drag... pardon, à nos moutons, malgré mon goût immodéré pour la littérature classique, je conviens volontiers que l'univers du Disque-Monde est complètement addictif. Et (une fois n'est pas coutume) le travail des traducteurs de cette série est tout simplement génial. Si ce n'est par leur humour tellement anglais que nul ne pourrait le confondre, on pourrait presque croire en lisant ces romans en VF que c'est leur langue ...

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Le fusil de chasse

Il est toujours difficile pour moi de commenter la littérature japonaise, tant celle-ci est à la fois délicate et percutante.

Un poème, une revue de chasse, des amours interdites, un serpent blanc... Je ne peux vous en dire plus sans dénaturer la poésie qui émane de ce court roman épistolaire (80 pages en format poche). Il vous faudra lire ce récit tout en pudeur pour découvrir les destins entrecroisés de Shoko, Midori et Saïko, ces trois femmes que tout oppose, réunies pourtant par un seul homme.

Ce fusil de chasse fut pour moi une jolie découverte.

Persuasion

J'ai retrouvé l'univers Austen, j'ai retrouvé le style Austen, j'ai (trop ?) retrouvé la trame Austen, mais il m'a manqué l'humour et le mordant Austen dans ce roman. Soyons simple, je n'ai pas été Persuadée par Persuasion !

Les personnages principaux sont trop caricaturaux - j'avais déjà eu cette impression dans Emma - alors que les personnages secondaires, comme les Croft, les Musgrove et même Wentworth lui-même, pourtant plus intéressants, ne sont pas assez développés. Les amours d'Anne ne m'ont pas fait frissonner comme celles de Lizzie ou d'Elinor, les manigances de M. Elliot m'ont paru plus évidentes que celles de Willoughby ou de Whikam, les défauts du caractère de Sir Walter m'ont laissée plus indifférentes que celles de M. Woodhouse ou de Fanny Dashwood.

A mon sens, le moins abouti des romans Austeniens. Je mets tout de même trois étoiles pour la plume toujours aussi agréable et l'univers pré-Victorien que j'affectionne...

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Le quatrième mur

Si le quatrième mur protège les acteurs de leur public, je n'ai moi pas trouvé le mur me protégeant de ce roman.

Je l'ai reçu telle une flèche en plein c½ur ! Aujourd'hui, j'ai l'impression de rentrer moi-même du Liban en guerre. Cela peut paraître prétentieux d'écrire ça depuis mon confortable canapé parisien, mais c'est vraiment mon ressenti. Le style de Sorj Chalandon est juste incroyable, à la fois percutant et poétique, tellement violent et pourtant si tendre. Je me suis sentie à la fois Georges, Imane et la petite Louise. A la fois Samuel et Marwan. Tous ces mondes qui se côtoient sans se comprendre, qui se déchirent sans se connaître, qui sans fin se vengent de vengeances... Quelle absurdité, quel immense gâchis.

J'ai profondément aimé ce livre, son absence de politiquement correct, de manichéisme. J'ai aimé me laisser porter par une histoire à la fois prévisible et tellement saisissante. Je suis devenue Georges, j'ai aimé sa fille comme la mienne, j'ai pleuré Im...

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Elle s'appelait Sarah

Un roman bouleversant.

Moi qui suis dure à émouvoir, j'ai plusieurs fois dû essuyer mes yeux humides. Les descriptions des horreurs liées à la Rafle, l'histoire de Michel... Rien que d'en parler j'en ai des frissons. Je ne peux m'empêcher de regarder mes enfants, si insouciants, si vivants. Les imaginer dans cette horreur sans nom me retourne l'estomac, et pourtant, combien d'enfants innocents comme eux ont subis ces atrocités...

Malgré un style sans saveur, j'ai été happée, touchée en plein c½ur par l'histoire de Sarah. On a beau connaître les pages les plus sombre de l'Histoire, s'y trouver confronté au travers de destinées individuelles, même fictives, vous prend aux tripes.
J'ai nettement moins accroché au récit de Julia. Je ne me suis pas attachée à cette femme fade, effacée, incapable de prendre une décision par elle même (son attitude face à son mari est pour moi parfaitement inenvisageable) Cependant le contrepied entre ces deux vies qui s’entremêlent ...

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