Liberia

(Christophe Naigeon)

  Ma note : 16/20

  • Roman Historique
  • Conseillé par Masse Critique

    6 citations dans ma p'tite bibli


    Liberia, c'est une histoire vraie et méconnue, celle de l'African Return. Une Histoire avec un grand H, scandaleusement absente des livres d'Histoire. Honnêtement, je n'avais jamais entendu parler de ces colons noirs venus, ou revenus, s'installer sur la côte Africaine au milieu du XIXe siècle. Et pourtant, quel incroyable chemin ils ont parcouru !

    Liberia, c'est une fiction qui n'en est pas une, où les personnages historiques se confondent avec leurs versions romancées. Comme le Julius Washington du roman qui ressemble étrangement à l'Augustus du même nom, premier daguerréotypiste du Liberia, et bien réel lui. Ou encore comme la famille Hartwell Cocke qui – hormis le prénom du patriarche John devenu George – est tout aussi réelle que les présidents Jefferson et Madison, pour ne citer qu'eux.

    Liberia, c'est un roman captivant, extrêmement bien documenté, qui vous fait traverser l'océan à bord de majestueux voiliers, arpenter les côtes Américaines et Africaines, y côtoyer des peuples fiers composés d'individus, plus ou moins ambitieux, plus ou moins idéalistes. Et plus ou moins intègres aussi. Un roman qui vous transporte dans d'autres lieux et d'autres temps, curieusement semblables aux nôtres.

    Liberia, c'est une réflexion poussée, qui creuse objectivement la question de l'abolition et de l'augmentation de la population noire américaine qui en découle. Une réflexion qui va bien plus loin que "l'esclavage c'est pas bien" ou "la liberté c'est super" . Certes, je caricature un peu, mais c'est quand même souvent le trait directeur de ce type d'ouvrage. Les différents points de vue sont ici détaillés, argumentés. Qu'on soit d'accord ou non avec chacun des protagonistes, on comprend ses motivations, on ressent ses peurs et ses questionnements. Ça donne à réfléchir. Et ça donne aussi envie de se documenter plus encore sur le sujet.

    Liberia, c'est un témoignage fort et bienveillant. Une leçon historique et politique, à lire et à faire lire à tous. Surtout par les temps qui courent.


    PS : En revanche Monsieur Naigeon, en tant que fan inconditionnelle d'Autant en emporte le vent, je ne peux pas laisser passer une si grossière erreur en p. 264 : Non, fort heureusement, les yankees n'ont jamais incendié Tara !!!


    2 Comments

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      Christophe Naigeon18 Juin 2017 à 9h12
      Merci pour cette critique venue d'une lecture attentive. Que vous ayez fait un parallèle avec l'époque contemporaine et l'universalité des comportements me touche particulièrement. Désolé pour Reth Butler et son torride baiser...
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        Koko18 Juin 2017 à 9h54
        Merci à vous pour ce roman qui m'a touché plus que je n'aurais pu l'imaginer. Et vous êtes tout pardonné pour Tara, il fallait bien trouver un défaut... Et c'est surtout le petit clin d’½il de la fan-girl qui sommeille en moi ;)

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