The handmaid's tale

(Margaret Atwood)

  Ma note : 17/20

  • SF / Fantasy
  • Papier

    4 citations dans ma p'tite bibli


    Bienvenue dans une dystopie incroyablement actuelle. Bien qu'elle ait été écrite en 1985, on y retrouve nombre d'ingrédients distillés dans les médias de 2017. Le terrorisme, qui n'est pas toujours là où l'on croit, le tout-sécuritaire qui abroge une par une nos libertés, la bien-pensance biaisée où le paraître prime sur l'être et surtout la place des femmes. En fait, je ne suis pas sûre d'avoir lu une dystopie, mais plutôt une projection à peine distordue de notre réalité.

    La République de Gilead (qui n'a de république que le nom) a, en quelques années seulement, complètement réorganisé la société. Les femmes dont le mari n'est pas un haut dignitaire sont réparties en fonction de leur capacité à procréer. Celles qui ont la "chance" d'être fertiles n'auront plus d'autre fonction. Déshumanisées par l'effacement de leur identité, silhouettes écarlates et fantomatiques, tout à la fois avilies et glorifiées, elles sont devenues objets, elles ne sont plus qu'un ventre. Car étrangement, c'est l'enfantement et non l'enfant qui semble être le but ultime de cette société.

    Le récit avance lentement, au gré de la mémoire de l'héroïne – que je me refuse à appeler par son nom d'offrande – alternant entre sa vie d'avant, sa "formation" au Red Center et sa non-existence présente. Loin d'être une rebelle au sens classique du terme, elle m'a remuée par sa ténacité, sa volonté d'être. Toujours sur le fil entre résistance et abandon. Se souvenir pour rester en vie. Comprendre pour exister.

    Une fois n'est pas coutume, j'avais regardé la série avant de lire le roman, et si j'ai aimé les deux j'ai trouvé le roman beaucoup plus riche (ça vous étonne ?!). Le texte est moins cru (certaines scènes violentes n'ont été inventées que pour l'écran) mais l'émotion qui s'en dégage est plus glaçante. Nul besoin de surenchère quand chaque mot porte en lui la peur, chaque point la mort du monde. En réalité, si la série est puissante, le roman lui, est surpuissant.


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